On trouve sur internet de multiples ressources sur les IST, avec différents parti pris : certaines pages donnent des recommandations extrêmement précautionneuses mais qui sont irréalistes ( par exemple : utiliser une digue dentaire pour faire un cunnilingus), et d’autres sont écrites en ayant en tête des publics différents de celui qui fréquent nos évènements ( souvent des hommes ayant des relations homosexuelles).
Après 13 années de pratiques, des centaines d’évènements, et des milliers de participants j’ai un recul sur la réalité des risques auquel on s’expose en pratiquant la pluralité masculine. J’ai également fait une recension de la littérature scientifique dans certains domaines pour avoir des informations supplémentaires, et j’ai également consulté des professionnels de santé ( infectiologues au seins de structures hospitalières, pas juste des médecins généralistes) pour vérifier que ma compréhension des études étaient en phase avec la leur.
Il est important de garder en tête : la sexualité de groupe n’est pas un pratique nouvelle. On a un recul sur ces activités et il n’y jamais eu d’alerte sérieuse sur des épidémies qui se seraient produites dans ces milieux ( à contrario de ce qui a pu se passer dans les milieu gays ou chez les toxicomanes par exemple). Les structures qui luttent contre la propagation des IST ne mènent aucune campagne de prévention dans les milieux libertins, parce que c’est un milieu qui ne voit pas d’émergence particulière de problèmes de santé récurrent.
Mais il serait tout a fait irresponsable de ma part de prétendre que nos pratiques sont absolument sans risques. Il n’y a pas grand chose d’absolument sans risque en dehors de l’abstinence. Il est donc nécessaire de savoir ce à quoi on s’expose.
Je vais donc faire une liste des principales IST, et discuter de l’exposition à ces IST dans nos événements, et des mesures qu’on peut prendre pour s’en prémunir.
Le HIV ( responsable du SIDA).
C’est l’infection la plus grave, car elle est potentiellement mortelle et qu’elle nécessite un traitement lourd à vie. C’est autour de cette maladie qu’a été défini notre protocole standard : dans nos événements ( et c’est commun au milieu libertin en général) les pénétrations vaginales et anales s’effectuent par défaut avec préservatif pour s’en prémunir ( sauf mention explicitement contraire).
Les fellations par contre sont habituellement pratiquées sans préservatifs car le HIV ne se transmets pas par des fellations (en dépit de ce que certaines associations prétendent : le risque est théorique mais dans les faits aucune transmission n’a jamais été démontré et il y a par exemple une étude qui a porté sur 19 000 fellations entre une personne séropositive et une personne séronégative, et aucune transmission n’a été observée ).
Il existe des traitements pour être complètement immunisé au HIV : il s’agit de ce qu’on appelle une prophylaxie pré-exposition (PReP), c’est prescrit massivement depuis 2021, c’est remboursé et ça a fait ses preuves. Ça reste un peu contraignant puisqu’il faut prendre un médicament à heure fixe pendant 3 jours ( si on est un homme) ou au moins 7 jours ( si on est une femme).
Les Hépatites
Seuls l’Hépatite B est à proprement parler une IST ( la A se transmettant par les selles et la C par le sang). C’est une maladie qui peut s’avérer mortelle, dont le traitement à vie est lourd ou couteux, qui se transmets par fellation comme par pénétration et qui serait donc très problématique MAIS heureusement il existe un vaccin qui est remboursé, complètement efficace et qui immunise à vie. Il est donc très fortement conseillé de le faire. Grâce à la vaccination massive contre l’Hépatite B c’est une maladie qui circule très peu en France ( essentiellement chez les personnes précaires ayant des difficulté d’accès au soin).
Les Chlamydiae.
Avec les gonorrhée c’est le principal risque à pratiquer la sexualité de groupe car ça se transmets par les fellations. Il y a quelques cas chaque année parmi les gens qui fréquentent nos événements la plupart du temps ce sont des cas asymptomatiques dans la gorge des femmes et qui sont juste découvert à l’occasion d’un test IST. Mais plus rarement ça peut causer des symptômes quand l’infection se transmets aux parties génitales ( notamment des brûlures quand on urine). Heureusement c’est une infection qui se soigne facilement avec des antibiotiques.
Il n’y a pas de vaccin efficace, mais un traitement pour s’en prémunir, il est possible de prendre de la doxycycline après une prise de risque, il y a une réduction de 80% des risques de chlamydia ( je peux fournir des adresse où s’en faire prescrire sur Paris).
Les Gonorrhées
Le schéma est un peu similaire aux Chlamydiae : transmissions par fellations, quelques cas par ans, principalement asymptomatiques, traitement par antibiotique efficace ( en une seule prise). La doxycycline est moins efficace ( réduction de risque sous les 50% malheureusement), mais on peut se faire vacciner contre une maladie proche ( les méningocoques) et ça offre une protection croisée qui réduit les risques de 20 à 40%.
Les tests
Enfin beaucoup de monde me demande si il est possible que « tous les participants soient testés ». Sur le principe ça pourrait être une bonne idée sauf que quand on rentre dans les détails, ça n’est pas une stratégie efficace pour de nombreuses raisons :
- Un test n’a de valeur que si il est nominatif. Il faudrait donc que je demande des pièces d’identité à tous les participants. C’est peu compatible avec le désir légitime de chacun de rester anonyme et discret.
- Un test est falsifiable. Aujourd’hui n’importe quel agent AI peut éditer un test pour en changer la date ou le résultat. Même si on me fourni le lien depuis le site du laboratoire et que je le télécharge directement depuis le site du labo ( tous les laboratoires ne permettent pas de le faire), on peut également très facilement falsifier un résultat pour les gonorrhée et chlamydia : ce sont des test qui doivent être effectué sur le premier jet d’urine après 2h sans uriner. Si on respecte pas ces précautions, le test n’est pas valide ( mais c’est pas détecté : il revient « négatif »)
- Un test négatif n’est valable que si on a pas pris de risque pendant un certains nombre de jour. En général c’est 14 jours. Vu le profil des participant.e.s il est assez rare que les personnes aient passé 14 jours sans avoir été impliqué dans une fellation.
Il est recommandé de faire des test régulièrement quand on est impliqué dans des pratiques de groupes, mais ce n’est pas une stratégie fiable pour éviter de prendre des risques, ça induit un sentiment de fausse sécurité. Il est préférable de continuer à utiliser les préservatifs, et à se faire vacciner contre ce qui est vaccinable, et pour les plus inquiets ( ou ceux qui s’exposent le plus souvent) on peut rajouter des traitements pré exposition ou post exposition.
La spécificité des pratiques de groupes
Enfin il y a parfois des inquiétudes chez certains hommes sur le fait d’avoir des contacts avec du sperme dans des bukkakes par exemple, ou de se faire sucer par une femme qui vient de recevoir une éjac en bouche. Il faut savoir que les virus et bactéries survivent mal à l’air libre ou dans des milieux hostiles comme la bouche et il n’est jamais arrivé que lors d’un événement il y ai ce genre de contamination « d’homme à homme ».